J’ai retrouve tous mes esprits !

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Ce n’est pas que j’etait fou – en tout cas pas plus que d’habitude – mais avant de quitter Vang Vieng, il fallait imperativement que mes 32 esprits soient tous bien la, au chaud dans mon corps.
Pour cela, Ger avait organise la ceremonie ad hoc a Ban Phathao, un de ces baci dont il a le secret et sans lequel il est parfaitement stupide de vouloir partir au loin. En tout cas sans prendre le risque de laisser l’esprit du pied, par exemple, derriere soi et souffrir d’un cor invisible et inexplicable jusqu’a quand on revient au pays. Pas franchement terrible, vous en conviendrez.
Toute la « famille » etait reunie : Ger et Xiang, son epouse, Khoua et sa femme, ainsi que leur fille, embauchee pour cuisiner. Le fils aine de Ger n’etait pas bien loin et une horde d’enfants rieurs guettait chacun de nos mouvement, indifferents a la pluie qui nimbait la foret.
Ger a demande aux esprits, ces 32 esprits qui cohabitent en nous, de revenir. L’heure etait grave et la lente psalmodie, ponctuee de nos prenoms, belle et douce dans l’air calme du matin. Deux poulets ont livre leurs oracles : notre voyage se poursuivra sans encombre. Tout allait bien se passer…
Apres que nos poignets eurent recus les bracelets rituels attachant a notre corps les esprits potentiellement balladeurs, nous avons mange. Banquete. Festoye. Riz. Poulets. Fricasses de feuilles de manioc. Soupe aux legumes. Mirinda. Pas ce que l’on fait de mieux, ce soda trop sucre au gout un peu chimique. Mais ce fut un vrai festin !
Le temps est passe trop vite. Le temps ici passe toujours trop vite. Il y a tant a dire, a voir, a faire, tant d’amitie qui se noue – Suzy que Xiang annonce etre sa soeur, qui l’embrasse au moment du depart, chose rare de la part de cette femme douce et reservee – que nous avions tous le coeur lourd au moment de monter dans le camion. Camion, qui au demeurant ne voulait pas nous laisser partir, usant fallacieusement d’un mauvais argument, cable de batterie un peu faible. Tu parles ! Nous nous sommes allonges, Ger et moi, dans la boue ocre du village, comme pour nous prosterner mais finalement, le fils de Ger a eu raison du vehicule recalcitrant. Objets inanimes, avez-vous donc des kwan ? Il faut croire que oui. Et que le fils de notre ami est un bon chamane.
Devant la guest-house, a Vang Vieng, Ger avait des larmes aux yeux.
Moi aussi.

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