Des montagnes, des rivieres et des hommes

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Apres quelques jours passes a Luang Prabang, que j’appelle La belle endormie, nous voici en route pour Vang Vieng, nid a touristes buveurs de bierre et de Lao lao, alcool de riz tres ennivrant….

Mais pourquoi Vang Vieng me direz vous ? Mais parce que c’est l’endroit le plus proche de chez nos amis Ger et Koua, le village de Ban Pathao au pied des montagnes, en bordure de la riviere Nam Xong.

Nous sommes donc partis sous une pluie battante pour rejoindre Vang Vieng : 260 km, 7h de route…la route s’est beacoup degradee depuis mon dernier sejour, les nids de poule sont devenus des crateres a certains endroits. Toute exageration meridionnale mise a part (quoi que…), les pluies n’arrangent rien et par moment les versants  deboulent sur la route obligeant notre chauffeur a rouler encore plus prudemment, dans la brume qui nappe les vallees et cache les sommets ce qui confere un certain mystere et une feerie etonnante au paysage.

Nous avons retrouve la Old Phoubane Guest House avec plaisir, sa proprietaire, laotienne francophone sympathique nous ayant precede de peu. Niko et moi avons repris « notre » chambre : bref a la maison…

Et aujourd’hui journee retrouvailles et emotion. Ger et Koua, sont venus nous chercher pour passer la journee avec eux au village. Quatre ans sans les voir en ce qui me concerne, il y avait a dire…Niko a distibue les photos prises par lui l’an dernier, notamment celles de la petite Mai, petite fille  handicapee dont le visage s’est illumine et qui nous a gratifies d’un intense moment d’emotion quand elle s’est vue en photo. Trop fort pour etre raconte ici, il faut que les choses decantent, mais cet instant fait partie  de ces moment de grace que rien ne peut effacer, moment fragile et beau a preserver precieusement et a partager quand on le peut avec quelques uns.

Que dire sinon quand la magie des retrouvaille surpasse tout? Rien, se taire, inviter ceux qui me lisent a faire le voyage et a voir par eux meme. Quel dommage aue les kayakistes, tubeurs et noceurs de Vang Vieng passent a cote de ce qui fait la beaute de ce pays : pas les paysages, les gens.

Apres la pluie, le bon temps !

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Nous avons quitte Luang Prabang hier, sous la pluie qui n’arretait pas de tomber depuis la veille, haussant encore un peu le niveau du Mekong.

Dites-vous bien que cette ondee continuelle ne nous a pas empeche d’aller visiter – contempler, devrais-je dire – les cascades de Kuang Si. Un voyage sur le Mekong, s’il vous plait ! car nous ne reculons devant rien pour arriver a nos fins et qui fait le pendant de celui d’avant hier jusqu’a Pak Ou et ses dix-mille bouddhas. Et un peu de voiture, sur la plate-forme arriere d’un pick-up ce qui, forcement, nous a un peu mouilles. Mais quelle cascade, quelle magnifique endroit, l’ecume blanche au milieu de l’emeraude profond des frondaisons…

Afin que le voyage se passe apour le mieux, Suzy et moi avons par megarde assiste, un peu plus tard dans la journee, a une ceremonie bouddhiste dans le Wat Xieng Thong, le plus beau temple de Luang Prabang. Oui, par megarde.

Pour tout dire, nous dessinions tranquillement quand un son de basse d’une incroyable profondeur nous a attires, comme le miel attire les mouches. Ou la Beer Lao un australien. Et pour tout vous dire, c’etait tres chouette. je regrette jute que les adeptes du petit Vehicule n’ait pas de Martyrologe. C’est peut-etre parce qu’ils n’ont pas de martyrs…

Et comme par hasard, notre equipee en minivan entre Luang Prabang et Vang Vieng c’est parfaitement passee. Certes nous n’avons pas vu grand choses des montagnes. Nous etions dans les nuages. Nous roulions quasiment sur les nuages. Riders on the storm…

Et puis cela s’est dechire un peu apres Kasi. Les montagnes calcaires, ces montagnes que je connais si bien, sont apparues, nimbees de brumes, ceintes d’echarpes grises, parees d’un vert incomparable.

Comme si elles devoilaient pour nous toute leur splendeur.

La pluie avait cesse, et sitot arrives dans notre guest-house preferee, nous sommes alles voir le soir tomber sur le Pha Phouak, la Nam Song sous nous pied lechant des ses eaux ocre la terrasse du restaurant. Tout est vert. Les rizieres que je ne connais que brunes et jaunes, vertes. Les pics, verts… L’enchantement du monde.

Et ce matin, sous un soleil timide, nous somme montes dans le Jumbo, ce camion amenage pour le transport scolaire des enfants de Ban Phathao, avec Ger au volant, Khoua asis a ses cotes. Et des larmes de joies aux coins des yeux.

Vous voulez que je vous raconte, n’est-ce pas ?

Que je vous dise les enfants qui se jettent dans le canal d’irrigation.

Le sourire de Mai dans son fauteuil roulant.

Le rire de Ger. Les sourires de Khoua. Le riz partage. Les sons du village. L’odeur des rizieres.

Non… Tout cela, je le garde pour moi. En moi.

Il n’y a qu’en venant ici, a Ban Phathao, que vous pourriez comprendre.

Post-scriptum : pas photos cette fois-ci. Pour une raison qui m’echappe, elle ne veulent pas venir se poser sur le blog… Et encore : Chti, Lubin, Christine, Ger et Khoua vous sabaidites chaleureusement !

Retour au pays

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Si vous n’avez plus de nouvelles de nous depuis 3 jours, ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas non plus que nous avons été aspires par un trou noir, ou enlevés par des pirates chinois. Ou que nous sommes passes dans la quatrième dimension.

Quoique…

Il y a un peu de ca : nous sommes a Luang Prabang, au Laos, depuis deux jours et quand on arrive de la bruyante, trépidante, populeuse Hanoi, c’est tout comme.

Donc, me revoila dans mon pays adopte. Pays du sourire. De la douceur de vivre. Du farniente eleve au rang d’un art de vivre. Inutile de dire que Suzy et Patrick sont instantanément tombe sous le charme. Que Jean-Pierre se sent revivre. Et que moi…

Nous avons trouve une charmante guest-house pres du Wat Xieng Thong, au calme, a deux pas du Mekong.

Le Mekong.

Je ne le connaissais qu’a l’etiage, en fevrier ; aujourd’hui, il charrie des limons rouges, il est epais comme une bon lao caphe, au lait. Ses eaux couvrent les berges habituellement decouvertes. Elles lechent la foret. Des troncs d’arbres passent au fil du courant. La Mere des Eaux est en majeste !

Nous l’avons remonte hier, jusqu’au sanctuaire de Pak Ou, la grotte au mille bouddha dont les pieds plonge presque dans le fleuve. Deux heures de verts et d’ocre. Un pur plaisir. Je suis chez moi !

Nous prenons le temps de ne rien faire. De contempler le temps qui, comme le fleuve, s’écoule paresseusement.

Apres demain, nous serons a Vang Vieng. Ger et Khoua nous attendent.

Oui, je suis chez moi.

Pop kan mai !

Buy something for me : la Pagode des Parfums

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C’etait hier. Seduit par les descriptions elogieuses des guides, nous avons pris un petit voyage vers la Pagode des Parfums, a une soixantaine de kilometre au sud de Hanoi. Nous savions que ce serait un peu une sinecure, car l’endroit est un des hauts lieux touristiques, que tout touriste qui se respecte doit avoir « fait ». Ce n’est rien de le dire.

Depuis la veille, il pleut sur Hanoi et le delta du Fleuve Rouge. Un typhon devait frapper la ville mais sa course s’est inflechie vers le nord, deversant ses pluies torrentielles sur la Chine du Sud. Il pleut donc, une petite pluie irreguliere et tiede, qui ne mouille presque pas. Rien de comparable a l’orage du soir d’avant qui a noye les trottoirs de la capitale.

Le bus qui nous emmene vers la riviere Yen et la Pagode des Parfums est a moitie vide. Le guide est enjoue. Trop pour moi. Il nous fait l’article de ce que nous allons voir avec des plaianterie que l’on dirait apprises par coeur. Il faut une heure pour atteindre le village d’ou partent les barques qui nous conduiront a la pagode. Une heure et demie, en fait, car il y a un arret obligatoire dans un supermarche de l’artisanat, vaste entrepot peuple de choses plutot laides que nous devrions, en bon touristes, acheter sans sourciller…

Comme il pleut, nous sommes presque seuls sur l’embarcadere pour prendre les barques, six personnes, pas une de plus pas une de moins, et la rameuse a l’arriere, qui se casse le dos en poussant sur ses avirons.

Lotus

Le paysage est slendide. La riviere paresse au milieu de pitons calcaires, bordees de petits etangs ou le rose des lotus fait un contrepoint saissisant au vert de la foret. Sur les rives, des tombeaux aquatiques ; les morts prennent ainsi le frais, pour ainsi dire les pieds dans l’eau. Brassens aurait aime.

Eternel estivant…

L’arrivee.

 

Nous arrivons a la pagode ou devrais-je dire, aux pagodes. Pour l’instant un simple debarcadere, quelques tristes boutiques. Et ca commence.

« Be careful, slippery » dit le guide. « Buy me water ! Coca-cola ! Beer ! » entend-t-on dans la boutique.

Il est l’heure de dejeuner. Des escaliers nous conduisent a une sorte de forum, ou les boutiques sont plus miteuses encore. Le restaurant est une usine. Les plats tres moyens. Fast-food, sans ame, sans gout, nourriture occidentalisee pour troupeau de touristes. Dont nous sommes…

Et toujours pas de pagode.

Enfin, nous y allons, nous allons enfin voir les joyaux dans la foret. Boutiques encore. « Buy something for me ! » « Be careful slippery ! » « Water ? Beer ? ». Comme nous n’avons pas l’intention de monter les 1400 marches glissantes qui conduisent a la pagode la plus elevee, nous optons pour un telecabine, tout a fait incongru dans ce decor tropical. C’est l’occasion de voir le karst d’au-dessus, et c’est spectaculaire, quand bien meme la foret recouvre tout d’une neige d’emeraude. En bas, nous distinguons le chemin que nous aurions du suivre, avenue bordee de frangipaniers et de boutiques…

Nous y voila enfin ! Au sommet du plus haut pics, un portail. Derriere, une escalier aux marches de pierre usees par les ans (« Be careful very slippery ! ») descend dans une vaste doline, comme un cratere envahie de verdure. Une grande grotte, tout au fond. Des autels. De l’encens. Des statues de bouddha. J’ai soudain le sentiment d’etre a Lourdes. Trente minutes chrono et nous repartons.

Telecabine.

Direction la pagode du bas, qui est tres belle, toute en roches grises, piliers ecarlates, tuiles sombres. Suzy a a peine le temps de commencer un dessin qu’il faut y aller.

« Buy something for me ! » « Be careful slippery ! » « Water ? Beer ? ». La litanie continue, s’egrenant comme un rosaire neo-capitaliste. Les marchands du temple sont decidement partout !

Nous reprenons notre barque, apprenant au passage qui faut payer encore pour le difficile travail des femmes qui rament. Payer encore, alors que le « tour » est normalement tout compris. Les tour-operators ne doivent pas leur laisser grand-chose pour qu’on en soit la. Gros sous pour les uns, esclavage pour les autres. Et toujours « Buy something for me ! », car une barque nous suit de pres, ayant repere Suzy qui parle vietnamien. La rameuse est bein decidee a faire cracher au bassinet cette riche exilee. La faire payer, dans tout les sens du terme ! La sangsue ne nous lache pas. Elle gache presque ce retour paisible, qui aurait du etre berce par le son regulier des rames frappant l’eau grise…

Sous la pluie

La route en sens inverse. Hanoi. Abasourdis. Depites. Decus.

Nous ne devrions pas : nous savions que cette excursion serait decourageante. Des paysages vraiment splendides, voire inouis, gaches par un mercantilisme ehonte, une economie de marche galopante ou il fait toujours mal de savoir que l’on est la vache a lait intarissable.

Oncle Ho doit se retourner dans son mausolee…

Estampes Vietnamiennes par Suzy

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La route vers Ha Giang me mene a travers des paysages que je ne connaissais pas . Une decouverte de ce pays , de tout un peuple de la montagne dont me parlaient mes grands parents . Notre premier « homestay » , l’ambiance ressemblait plutot a l endroit ou je passais mes vacances chez mon grand pere a Vung tau :
une campagne verte de rizieres et de rau muong liseron d eau , des enfants gardant les buffles ; me voila loin de tout et pres des miens . C etait un vrai moment de bonheur ,les bruits des champs des animaux des enfants ,l odeur de cette terre ; mes racines l espace d un instant une petite aquarelle pour garder en memoire tous les verts des rizieres des bambous , une encre pour decrire la jolie fille qui garde son buffle tout en lisant son cahier de lecon du matin elle s appelle Thu Thuy… mais la nuit tombe et le chemin du village n est pas eclaire . j ai du rejoindre mes compagnons
Meo vac et don vang; des paysages a vous couper le souffle ; a se demander comment arriver a rendre ses emotions et la beaute de ce que l on voit
Les hmongs sont des gens accueillants et tres souriants ; les touristes ne sont pas encore arrives dans ces contrees : quel bonheur pour nous . Certains parlent le vietnamien nous avons pu echanger quelques mots sur nos vies . Beaucoup d encres en perspectives pour la rentree bien sur
Cet apres midi je vais commander mon tampon cire pour signer toutes ces nouvelles oeuvres QUE DU BONHEUR a partager

Aux portes du paradis

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Nous voici revenus de notre periple dans l’extreme nord du Vietnam. Comme nous le supposions, pas d’internet la-haut, ce qui explique pourquoi nous n’avons pu decrire notre fabuleux voyage au jour le jour…

Or donc, nous sommes partis de Hanoi il y a quatre jours – ou cinq, je ne sais plus tres bien – dans un minibus pour 14 personnes, alors que nous n’etions que six, chauffeur et guide compris. Tung, notre guide, est un jeune homme extremement sympatique, dynamique, attentif. Une perle. Quant a notre chauffeur dont je ne suis pas parvenu a retenir le prenom, c’est un parangon de prudence et de douceur au volant, souriant et presque jamais fatigue… Une creme !

Pour atteindre Ha Giang – dites « Ha Zang » -, a 300 km de Hanoi, il faut une bonne journee de route. Ce n’est pas que ce soit loin, ni que la route soit mauvaise, mais ici, c’est comme ça. Il y a des milliers de scooters qui tiennent un peu du boson de higgs quant a la trajectoire aleatoire, des camions, des bus, quelques voitures, des pietons, des buffles… Donc on ne va pas vite !

Ha Giang n’est pas vraiment une jolie ville, mais le paysage, montagnes calcaires se decoupant autour de la riviere Lo jaune de limon, est deja tres beau.

La Song Lo, un peu avant Ha Giang

Le bus quitte la grande route, et nous remontons une incroyable vallee. Montagnes d’emeraude, rizieres de jade, grandes maisons aux toits couverts de feuilles de latanier. Eden. Notre « homestay » est justement une de ces maisons, immense, toute en bois rouge sur pilotis, cernee par la foret et les rizieres en terrasse. L’accueil est a la hauteur de la magie du lieu : deux jeunes femmes terriblement charmantes, douces et belles. Tung nous entraine pour une petite promenade alentour. Nous avons le souffle coupe par tant de beaute… Je veux vivre ici meme !

Au village…

Nous prenons le repas dans la piece unique qui, tout a l’heure, deviendra notre chambre. En fait, ce n’est pas un repas, c’est un vrai banquet, delicieux et simple a la fois. Et nous nous endormons dans le chant de nuit, tout en stridulations, sifflements et vrombissements divers…

Au matin, nous repartons. Nous avons une longue journee de route aujourd’hui, et tant de choses a voir. La route se fait sineuse. Notre chauffeur deploie deja tout son art de l’esquive et du croisement quand un camion se presente en face alors que la route ne semble guere pouvoir autoriser qu’un vehicule. Autour : precipices, rizieres et foret.

En montagne…

Nous franchissons la Porte du Paradis pour redescendre vers Quang Ba, paisiblement nichee au coeur de pains de sucre et de verdure. Repas. Festin encore !

Les seins de Quang Ba, embleme incongrue au dela de la Porte du Paradis

La route se fait de plus en plus tortueuse. Un nouveau col. Nous retrouvons la Song Lo, faisons un detour par un village ou les femmes tissent le lin et le parent de rutilantes couleurs, puis remontons la riviere. Nous voici vraiment en montagne. Il y a des pins, les rizieres se melent de plus en plus aux champs de mais. C’est beau. Simplement beau. Les cretes alentours sont comme le dos d’un dragon assupi. Ne le reveillons pas…

Puis, apres etre descendus, remontes, redescendus, nous attaquons l’etroite route qui nous menera a Meo Vac, au centre du plateau karstique de Dong Van. Pains de sucre encore, pitons, doline geantes. Sans doute sommes-nous maintenant dans la bouche du dragon… Partout, il y a du mais : l’eau, ici, ne fait que passer. Elle ne reste pas. Elle s’enfonce dans les meandres souterrains du karst. Plus de place pour le riz et les vertes terrasses aquatiques. C’est un autre monde, celui des Hmong.

Enfants a Meo Vac

Tous converge vers Meo Vac car demain, c’est grand marche. Sur la route, nous nous arretons pour faire quelques photos et marchoms un peu. Un dame, hotte sur le dos et filant le lin en marchant, s’arrete, surement aussi curieuse de nous que nous le sommes d’elle. Elle va justement au marche, a 25 km d’ici. Elle arrivera vers 3 heures du matin… Tung lui propose de monter avec nous, ce que, bien sur, elle ne refuse pas. Ainsi sera-t-elle a Meo Vac en fin d’apres-midi, heureuse, comme nous, de ce petit coup de pouce.

Sur la route, avant Meo Vac

Le lendemain, nous ne l’avons pas revue au marche. Sans doute avait-elle vendu ses plumes de canard avant meme notre reveil et s’en etait-elle retourne chez elle apres quelques emplettes…

Pour aller a Dong Van, derniere ville avant la Chine, au-dela du tropique du Cancer, la route se fait encore plus vertigineuse, accrochee au flancs abrupts d’une profonde vallee. On dit qu’il a fallut 9 ans pour l’inciser dans le precipice et que seuls les Hmong en ont ete capables.

Vertigo

Et voici Dong Van, dominee par un vieux fortin français de 1920, d’ou nos troupes coloniales, superbes et vaniteuses, surveillaient si les Chinois n’allaient pas tenter d’agrandir encore un peu leur territoire. Je ne peux m’empecher de songer un instant au Desert des Tartares. Buzzati serait-il donc venu ici ? Il reste encore quelques vieilles maisons, toutes en terre crue, les murs poses sur un soubassement de pierres seches. Cela plairait beaucoup a Ingrid !

Nous repartons. Le ciel se charge, noirci. Des eclairs zebrent le ciel tandis que nous zigzaguons vers les Palais du roi de Hmong. Autour de nous, les domes de calcaire se font menancants. Le vent courbe les mais. Et une pluie drue, violente s’abat sur nous et nous engloutie. Ce qui n’empeche nullement notre chauffeur de rouler, encore plus prudent, ni les Hmong de retour du marche de Dong Van de cheminer de leur pas egal, tout juste proteges par une bache en plastique…

Sous l’orage !

Cela se calme enfin, alors que nous parvenons au palais du Roi de Hmong, une « folie » merveilleuse au creux d’une doline. Toits de tuiles vernissees, trois cours dallees, et, tenez-vous bien, un enclot pour les tigres que les maitres des lieux appreciaient parait-il beaucoup…

Le palais du Roi des Hmong

Sur la route du retour vers Quang Ba, un nouvel orage se dechaine. L’eau ruisselle de partout, cascade, eclabousse et noie le paysage que nous savons majestueux. Plus de ravins, plus de precipices, plus de sommets. Juste cette pluie qui efface tout, forets, roches et gens…

Grace encore a la temerite et au calme de notre chauffeur, nous parvenons a bon port, dans un improbable hotel d’etat au kitch pas si delicieux que ca, dans un etat de presque abandon, quelque part entre palace post-atomique et caserne de luxe. Bunker Palace Hotel, en somme.

Le lendemain – etait-ce hier ? – nous repassons la Porte du Paradis. C’est la longue descente vers Hanoi. Retour vers l’enfer citadin. Tristesse de quitter Tung et notre chauffeur. Il pleut. Une tempete tropicale nous menace et la Vieille Ville est presque calme. Ou bien est-ce moi qui ne suis pas encore redescendu completement et ne voit pas encore l’agitation de la metropole.

Hanoi, ce matin, 6 heures.

Au pays de Hmongs

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Je ne vous raconterai pas l’extraordinaire beaute des sites que les photos de Nicolas illustreront mieux que toutes mes phrases, mais c’est a vous couper le souffle. Non, ce dont je voudrais faire part ici c’est de mes impressions dans cette region qui semble oubliee des hommes, mais pas de tous. Dans ce coin, ou il est difficile de marcher sans grimper ou descendre, vivent des hommes et des femmes venus de Chine vers la fin du 19eme siecle et qui s’accrochent, c’est le cas de le dire, a ces montagnes.

Il faut voir ces hommes, femmes et enfants, marchant seuls ou en groupes, sur les routes etroites, ou a flanc de montagne a cultiver leurs champs. Nous avons croise une femme qui allait a Meo Vac pour le marche dominical, portant une hotte de bambou tresse, pleine, bien entendu, comme en porte toute femme Hmong , Il etait environ 17h et elle marchait d’un bon pas pour faire les…25km la separant de son but ou elle devait arriver vers 2h du matin. Elle nous a explique qu’elle faisait cela toutes les semaines. Notre guide anglophone a appele les Hmongs survival people, que nous pouvons traduire par peuple de la survie. Et comment ! Nous avons, par exemple, decouvert que faute d’eau en quantite suffisante pour irriguer des rizieres, les Hmongs se sont reconvertis dans la culture du mais. Et du mais, ils en sement, ils en sement a des hauteurs vertigineuses, dans des endroits ou personne n’oserait s’aventurer, du bas de la montagne jusqu’au sommet ou pas loin, et Dieu sait qu’elles sont hautes ces montagnes. J’ai beaucoup fait rire mes compagnons de voyage parce que je n’ai pas cesse de m’etonner de voir pousser du mais dans des endroits improbables, de m’etonner de la capacite de survie de ce peuple tenace.

Et c’est bien d’un peuple dont je parle, il suffit de le voir au marche de Meo Vac, tous les hommes vetus de leurs veste et pantalon noirs ou indigo, les femmes de leur tenue traditionnelle et de leur coiffe, filant le lin tout en marchant, pas un instant a perdre, ou en vendant leurs legumes ou leurs animaux. Hmongs noirs, verts, bleus, blancs ou fleurs sont les noms par lesquels on distingue les differents groupes, en raison de la couleur de leurs vetements, et tout cela fait une foule bigarree et en meme temps tres uniforme. C’est une impression etrange que de cotoyer cette foule qui vaque a ses occupqtions et qui va avaler a nouveau des kilometres, quand nous passons, etrangers, curieux a tous les sens du terme. Nous les regardons, ils nous regardent, nous sommes aussi etranges a leurs yeux qu’ils le sont aux notres.

Bref, j’ai ete emu par ces gens et par cette region magnifique qui est absolument a decouvrir.

Tout le voyage dans cette region a ete fantastique> Les paysages entre Meo Vac et Dong Van sont encore plus extraordinaire que tout le reste, c’est dire ! Le reste vous sera raconte au cours de quelque veillee amicale qui se prolongera fort tard devant un verre de vin de mais Hmong…

Calme et volupté, ou presque…

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Si vous avez la chance de vous reveiller un peu tot, disons vers six heures et demi, Hanoi est un vrai paradis. Il fait frais, les rues sont calmes, peuplees de gens qui font de la gymnastique ou reviennent d’en faire. Les premiers cafe, sur le trottoirs, ne sont pas encore assaillis par l’armee des travailleurs et c’est un pur bonheur que d’y deguster un cafe etonnant, au gout legerement caramelise, suave, entetant.

Deux heures plus tard, c’est l’enfer. Un concert de klaxons, des scooter dans tous les sens, des grosses voitures dans des rues qui ne semblent pas pouvoir les accueillir, qui doivent sans doute se dilater pour les laisser passer, ainsi que les velo, porteuses de palanches, motos, pietons, charettes, etc.

Parlons-en, des pietons. Comme les trottoirs servent de parking – Marseille a cote est un havre de vehicules bien garés – on marche directement dans la rue. Le piéton, donc, est un mort en sursis. A breve echeance. Et traverser releve d’un Koh-Lanta sous acide. Frayeur assuree. Mais, finalement, on se rend compte que tout va bien se passer, a condition de marcher d’un pas egal, sans a-coups, confiant dans la trajectoire des scooters. S’en fout la mort, en quelque sorte. La preuve, nous avons survecu.

Hanoi, sinon est un ville brouillonne et adorable.  Jumelee a Marseille, je crois. J’aime… C’est un peu fatigant, mais j’aime et j’ai apprecie tout ce que nous avons vu, bu, mange jusqu’ici. Nous devenons des pros des Hanoi-Bus, pas chers, climatises et sans danger. Ce matin, par exemple, nous sommes alles au musee des Beaux-Arts presque sans demander quel bus emprunter.  Tres joli, en passant, le musee. Si vous venez ici, allez-y, c’est tres instructif et chouette.

Demain, nous changeons d’atmosphere, direction Ha Giang, dans les montagnes, contre la frontiere chinoise. Un autre monde, peut-etre sans internet, donc ne vous formalisez pas si nous ne donnons pas de nouvelles avant 4 jours.

Calme et volupte, vous disais-je…

Tranche de vie

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Nous avons visite hier le musee ethnographique de Hanoi..Y sont presentees les multiples ethnies du Vietnam, Mhongs, Viets, ThaIs, Khmers etant les groupes principaux auxquels qppqrtiennent ces ethnies.

Ke plus impressionnant a mes yeux, ce sont les habitats de ces ethnies, construits dans le parc du musee, dont la maison Bana, construite sur une pltefor;e a 6/8 metres de heuteur, surmontee d’un immense toit au moins aussi haut et dans laquelle regne une agreable fraicheur, ce aui, compte tenu de la temperature exterieure, est fort appreciable.. Nicolas proposera peut etre quelques photos…

nous avons termine la soiree en dinant chez Quan An Ngon, excellent restaurant ou il est possible de manger des specialites de tout le Vietnam, presentees dans des sortes de stands ou l’on va faire son marche. Delicieux, sympa et pas cher, um endroit a recommander.

Aujourd’hui flanerie dams Hanoi, visite de temples dont le temple dit du pilier unique dont le parc est un lieu de repos bien agreable, a l’ombre de grands arbres. Nous y avons passe un long moment 0 discuter sans voir passer le temps. Notre quietude a helas ete troublee au retour car nous avons ete temoins d’un accident : une jeune fille en scooter qui est passee sous un camion.  Outre l’emotion, cela nous incite a beacoup de prudence dorenavant quand nous traversons la rue et nous conforte dans l’idee de ne pas louer un deux roues pour circuler. Les bus climatises sont tres bien meme s’il n’est pas toujours facile de savoit ou ils vont. Mais avec une lamgue et deux jambes, on fait le tour du momde dit un proverbe…