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Aux portes du paradis

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Nous voici revenus de notre periple dans l’extreme nord du Vietnam. Comme nous le supposions, pas d’internet la-haut, ce qui explique pourquoi nous n’avons pu decrire notre fabuleux voyage au jour le jour…

Or donc, nous sommes partis de Hanoi il y a quatre jours – ou cinq, je ne sais plus tres bien – dans un minibus pour 14 personnes, alors que nous n’etions que six, chauffeur et guide compris. Tung, notre guide, est un jeune homme extremement sympatique, dynamique, attentif. Une perle. Quant a notre chauffeur dont je ne suis pas parvenu a retenir le prenom, c’est un parangon de prudence et de douceur au volant, souriant et presque jamais fatigue… Une creme !

Pour atteindre Ha Giang – dites « Ha Zang » -, a 300 km de Hanoi, il faut une bonne journee de route. Ce n’est pas que ce soit loin, ni que la route soit mauvaise, mais ici, c’est comme ça. Il y a des milliers de scooters qui tiennent un peu du boson de higgs quant a la trajectoire aleatoire, des camions, des bus, quelques voitures, des pietons, des buffles… Donc on ne va pas vite !

Ha Giang n’est pas vraiment une jolie ville, mais le paysage, montagnes calcaires se decoupant autour de la riviere Lo jaune de limon, est deja tres beau.

La Song Lo, un peu avant Ha Giang

Le bus quitte la grande route, et nous remontons une incroyable vallee. Montagnes d’emeraude, rizieres de jade, grandes maisons aux toits couverts de feuilles de latanier. Eden. Notre « homestay » est justement une de ces maisons, immense, toute en bois rouge sur pilotis, cernee par la foret et les rizieres en terrasse. L’accueil est a la hauteur de la magie du lieu : deux jeunes femmes terriblement charmantes, douces et belles. Tung nous entraine pour une petite promenade alentour. Nous avons le souffle coupe par tant de beaute… Je veux vivre ici meme !

Au village…

Nous prenons le repas dans la piece unique qui, tout a l’heure, deviendra notre chambre. En fait, ce n’est pas un repas, c’est un vrai banquet, delicieux et simple a la fois. Et nous nous endormons dans le chant de nuit, tout en stridulations, sifflements et vrombissements divers…

Au matin, nous repartons. Nous avons une longue journee de route aujourd’hui, et tant de choses a voir. La route se fait sineuse. Notre chauffeur deploie deja tout son art de l’esquive et du croisement quand un camion se presente en face alors que la route ne semble guere pouvoir autoriser qu’un vehicule. Autour : precipices, rizieres et foret.

En montagne…

Nous franchissons la Porte du Paradis pour redescendre vers Quang Ba, paisiblement nichee au coeur de pains de sucre et de verdure. Repas. Festin encore !

Les seins de Quang Ba, embleme incongrue au dela de la Porte du Paradis

La route se fait de plus en plus tortueuse. Un nouveau col. Nous retrouvons la Song Lo, faisons un detour par un village ou les femmes tissent le lin et le parent de rutilantes couleurs, puis remontons la riviere. Nous voici vraiment en montagne. Il y a des pins, les rizieres se melent de plus en plus aux champs de mais. C’est beau. Simplement beau. Les cretes alentours sont comme le dos d’un dragon assupi. Ne le reveillons pas…

Puis, apres etre descendus, remontes, redescendus, nous attaquons l’etroite route qui nous menera a Meo Vac, au centre du plateau karstique de Dong Van. Pains de sucre encore, pitons, doline geantes. Sans doute sommes-nous maintenant dans la bouche du dragon… Partout, il y a du mais : l’eau, ici, ne fait que passer. Elle ne reste pas. Elle s’enfonce dans les meandres souterrains du karst. Plus de place pour le riz et les vertes terrasses aquatiques. C’est un autre monde, celui des Hmong.

Enfants a Meo Vac

Tous converge vers Meo Vac car demain, c’est grand marche. Sur la route, nous nous arretons pour faire quelques photos et marchoms un peu. Un dame, hotte sur le dos et filant le lin en marchant, s’arrete, surement aussi curieuse de nous que nous le sommes d’elle. Elle va justement au marche, a 25 km d’ici. Elle arrivera vers 3 heures du matin… Tung lui propose de monter avec nous, ce que, bien sur, elle ne refuse pas. Ainsi sera-t-elle a Meo Vac en fin d’apres-midi, heureuse, comme nous, de ce petit coup de pouce.

Sur la route, avant Meo Vac

Le lendemain, nous ne l’avons pas revue au marche. Sans doute avait-elle vendu ses plumes de canard avant meme notre reveil et s’en etait-elle retourne chez elle apres quelques emplettes…

Pour aller a Dong Van, derniere ville avant la Chine, au-dela du tropique du Cancer, la route se fait encore plus vertigineuse, accrochee au flancs abrupts d’une profonde vallee. On dit qu’il a fallut 9 ans pour l’inciser dans le precipice et que seuls les Hmong en ont ete capables.

Vertigo

Et voici Dong Van, dominee par un vieux fortin français de 1920, d’ou nos troupes coloniales, superbes et vaniteuses, surveillaient si les Chinois n’allaient pas tenter d’agrandir encore un peu leur territoire. Je ne peux m’empecher de songer un instant au Desert des Tartares. Buzzati serait-il donc venu ici ? Il reste encore quelques vieilles maisons, toutes en terre crue, les murs poses sur un soubassement de pierres seches. Cela plairait beaucoup a Ingrid !

Nous repartons. Le ciel se charge, noirci. Des eclairs zebrent le ciel tandis que nous zigzaguons vers les Palais du roi de Hmong. Autour de nous, les domes de calcaire se font menancants. Le vent courbe les mais. Et une pluie drue, violente s’abat sur nous et nous engloutie. Ce qui n’empeche nullement notre chauffeur de rouler, encore plus prudent, ni les Hmong de retour du marche de Dong Van de cheminer de leur pas egal, tout juste proteges par une bache en plastique…

Sous l’orage !

Cela se calme enfin, alors que nous parvenons au palais du Roi de Hmong, une « folie » merveilleuse au creux d’une doline. Toits de tuiles vernissees, trois cours dallees, et, tenez-vous bien, un enclot pour les tigres que les maitres des lieux appreciaient parait-il beaucoup…

Le palais du Roi des Hmong

Sur la route du retour vers Quang Ba, un nouvel orage se dechaine. L’eau ruisselle de partout, cascade, eclabousse et noie le paysage que nous savons majestueux. Plus de ravins, plus de precipices, plus de sommets. Juste cette pluie qui efface tout, forets, roches et gens…

Grace encore a la temerite et au calme de notre chauffeur, nous parvenons a bon port, dans un improbable hotel d’etat au kitch pas si delicieux que ca, dans un etat de presque abandon, quelque part entre palace post-atomique et caserne de luxe. Bunker Palace Hotel, en somme.

Le lendemain – etait-ce hier ? – nous repassons la Porte du Paradis. C’est la longue descente vers Hanoi. Retour vers l’enfer citadin. Tristesse de quitter Tung et notre chauffeur. Il pleut. Une tempete tropicale nous menace et la Vieille Ville est presque calme. Ou bien est-ce moi qui ne suis pas encore redescendu completement et ne voit pas encore l’agitation de la metropole.

Hanoi, ce matin, 6 heures.

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Hanoi

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Eh bien nous y voila, premiere jounee a Hamoi. Comment vous dire ? D,abord, il fait chaud. Non, tres chaud et tres humide. Dans cette ville, le moindre metre carre de trottoir est occupe par des echoppes en touis genres. Pas moyen pour un pieton d’y circuler. Donc il faut marcher sur la route, tres encombree de velos, motos et voitures…autrement dit il faut avoir des yeux et des oreilles partout.

A part ca, si vous aimez manger, il y a tout ce qu’il faut sur les trottoirs : soupes, pates, viandes etc. Une tentation permanente car si’, comme moi, vous etes gourmand et que vois aimez la cuisine vietnamiemnne, c’est un coup a prendre 15 kg en un mois…

Mais quel plaisir que d’exercer mom vietnamien et d’entendre parler cette langue qui m’est chere.

Cela dit, bien qu’il ne soit que 20h heure locale, la fatigue se fait sentir, alors bonne nuit et a demain pour de nouvelles aventures.