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Des cuillères parmi les baguettes…

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En arrivant à Trà Vinh (dire : Tia Vine), la première impression est que l’on n’est plus au Vietnam : les pagodes du Tam Giáo — la triple religion qui mélange allégrement bouddhisme, confucianisme et taoïsme — se font plus rares, et les temples bouddhistes, avec leurs toits aigus aux arêtes scintillantes, abondent presque. Cela a quelque chose de très thaïlandais ou laotien, et ce n’est pas un hasard.

Le delta du Mékong est une terre de « petit véhicule ». Pas les mobylettes bien sûr, mais le bouddhisme, dans sa version theravāda, qui domine très largement dans les pays voisins, en particulier au Cambodge. Car les Neuf Dragons, avant que les Français l’offrent au Vietnam dans un des ces éclairs de génie dont l’administration coloniale avait le secret, appartenait bel et bien au Royaume du Cambodge. En 1859, la France conquiert Saigon et crée la Cochinchine, arrachant du même coup la région aux Khmers pour en faire une future province du Vietnam. Ce que le Cambodge, évidemment, n’avait toujours pas digéré en 1978, au point de tenter de le récupérer par la force. Mauvaise idée. La contre-attaque vietnamienne se solda par la chute de Pol Pot, ce dont, je pense, on ne peut que se féliciter.

Ici, donc, sous des dehors très vietnamiens, nombre de gens sont khmers. Et malgré une vietnamisation à marche forcée, le theravāda est très vivace.

Trà Vinh, c’est un peu l’endroit où, contre toute attente, il est extrêmement plaisant de s’arrêter. Une ville à taille humaine, aux larges avenues ombragées de grands arbres qui s’agitent dans le vent et procurent, même en plein cœur de l’après-midi, une sensation de fraîcheur réjouissante. Les immeubles sont bas. Le portrait d’Ho Chi Min est accroché au fronton d’un marché idéalement couleur locale. Il y a des jolis parcs aux fleurs exubérantes, où les enfants viennent jouer le soir en riant aux éclats. Au bout de l’avenue Diên Biên Phu, une pagode caodaïste étale une polychromie de crème au beurre et sanctifie Victor Hugo, fondateur posthume de cette très syncrétique religion, à égalité avec Nguyen Binh Khiem et Sun Yat Sen. On peut traverser les rues sans tromper la mort à chaque fois. Et les habitants, franchement sympathiques, ne se jettent pas sur vous pour tenter de vous vendre, au choix, un hamac devant votre guest-house, des lunettes alors que vous en avez déjà sur le nez, un billet de loterie ou une extraordinaire réplique de zippo façon US Army bien que vous ne fumiez pas…

Ce qui nous ramène au « petit véhicule ». Je ne sais pas si les habitués de l’Asie du Sud-Est seront d’accord, mais je crois bien que cette voie possède une nette influence sur le comportement des gens. Une de nos amies, Catherine, qui connait bien l’Asie, distingue non sans humour les pays de cuillères des pays de baguettes. Comprenez ceux où l’on mange avec des cuillères et ceux où les baguettes sont la norme. Thaïlande, Laos, Cambodge et Birmanie : pays de cuillère, bien sûr, avec un caractère tout en rondeurs. Vietnam et Chine ? Pays de baguettes, où l’on est droit, limite psychorigide… Les premiers pratiquent ce bouddhisme assez décontracté qu’est le theravāda, les seconds lui préfèrent le « grand véhicule », codifié, clergifié, si je puis dire, agrémenté de nombreuses exégèses des dits de Siddartha Gautama, alias Bouddha. Et je ne vous parle même pas du confucianisme qui vous enferme, ici comme en Chine, dans le culte des ainés et de la descendance mâle…

Trà Vinh, c’est donc un peu pour moi « voyage en terre connue ». À Chùa Ông Mẹet, le grand temple bouddhiste de la ville, je retrouve les bonzes en robe safran et les dorures des temples laotiens, sans le côté un peu clinquant qui marque l’influence thaïe. En fermant les yeux, lorsque les sutras montent dans l’air du soir, la main sur les nagas qui flanquent les escaliers, on pourrait se croire à Vientiane ou à Luang Prabang. Les moines y ont la même décontraction tranquille ; ils prennent le temps de finir leur cigarette avant de rentrer calmement dans le temple, où Bouddha les attend avec son petit sourire vaguement ironique, sans se formaliser de cette entorse aux règles les plus élémentaires édictées il y a 2600 ans. Il faut dire qu’à l’époque, le tabac n’avait pas encore quitté les Amériques.

Seul petit bémol de ce coin quasi idyllique, l’étrange et inexpliquée difficulté pour boire une bière. À la nuit tombée, nous avons sillonné le vieux centre aux belles demeures coloniales sans trouver un seul de ces bars de trottoirs qui pullulent ailleurs au Vietnam, proposant la bia hoi aux chalands assoiffés. À Trà Vinh, les nombreux cà phê servent… du café. Ce n’est qu’à côté du marché, sous la barbiche bienveillante d’oncle Ho, qu’un restaurant ambulant a accepté de nous servir notre Saigon vespérale, mais à température ambiante. Autrement dit, une bonne trentaine de degrés Celsius.

En coulant sur la glace, la bière creusait instantanément des cratères béants, effet inattendu autant que pervers d’El Niño et du réchauffement climatique global, sans aucun doute…

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Turbulente Vientiane

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Vous vous doutez bien qu’il s’agit là d’une boutade. Même s’il s’agit de la capitale, la Ville du Croissant de Lune ne peut pas vraiment être qualifiée de turbulente. Certes il y règne une agitation certaine, il faut faire attention quand on traverse la rue – il y a des voitures ! – mais en comparaison de Saigon où nous serons demain, ce n’est qu’une pâle imitation… Il faut dire aussi qu’à coté de la langoureuse Luang Prabang, tout parait agité…

Vientiane donc. Nichée dans une courbe du Mékong, le croissant de lune qui lui donnerait son nom, face a la Thaïlande, l’ennemi de jadis à qui la statue monumentale du roi Chao Anou tend une main chaleureuse. Les Thaïs n’ont vu que son autre main, sur le pommeau d’un sabre. Et auraient pris la mouche.

La ville change peu à peu. Elle se modernise. Le Talat Sao s’est transformé en un grand building moderne dans lequel les marchands sont priés de déménager. Dans ce qui reste du vieux marché, j’ai retrouve notre amie Giang, notre vendeuse de Mah Jong favorite. Hier, alors que nous avions oublié que le Tala Sao ferme vers 5 heures, elle m’avait vu de loin. Elle se doutait bien que nous repasserions ce matin… Bien sûr, Suzy et Giang ont immédiatement lies amitié, heureuses toutes deux de parler vietnamien, puisque Giang vient aussi de l’autre coté des monts d’Annam.

Mais Vientiane c’est aussi le Wat Sisakhet, là où dorment les Bouddhas. Le seul temple encore debout apres le sac de la ville par les Siamois en 1823 ou 25. Tiens, il me souvient que c’était à cause de Chao Anou, cette histoire…

Et le That Luang et ses pinnacles d’or qui s’enflamment dans le soleil couchant.

Et surtout, surtout le Musée National Lao. Un petit bijou de vétusté, une muséographie à l’ancienne, un brin surannée. Juste un brin… Toute la merveilleuse propangande du Pathet Lao en ce qui concerne l’histoire récente, avec « impérialiste », « fantoche » et autre termes bien sentis à peu près tous les 2 cartels, sous des photos à peine orientées, à la gloire de la révolution… Honnêtement, si vous passez un jour par ici, allez-y avant que ça change, cela vaut le coup d’oeil tant cela parait être un musée de l’immobilisme !

Puis rendez-vous au bord du Mékong, au pied de Chao Anou, et regardez passer l’eau limoneuse en sirotant, peut-être, une beer lao. Dites-vous que les choses ont bien changées.

Et que vous ne vivez pas forcement du plus mauvais coté du monde !

Retour au pays

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Si vous n’avez plus de nouvelles de nous depuis 3 jours, ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas non plus que nous avons été aspires par un trou noir, ou enlevés par des pirates chinois. Ou que nous sommes passes dans la quatrième dimension.

Quoique…

Il y a un peu de ca : nous sommes a Luang Prabang, au Laos, depuis deux jours et quand on arrive de la bruyante, trépidante, populeuse Hanoi, c’est tout comme.

Donc, me revoila dans mon pays adopte. Pays du sourire. De la douceur de vivre. Du farniente eleve au rang d’un art de vivre. Inutile de dire que Suzy et Patrick sont instantanément tombe sous le charme. Que Jean-Pierre se sent revivre. Et que moi…

Nous avons trouve une charmante guest-house pres du Wat Xieng Thong, au calme, a deux pas du Mekong.

Le Mekong.

Je ne le connaissais qu’a l’etiage, en fevrier ; aujourd’hui, il charrie des limons rouges, il est epais comme une bon lao caphe, au lait. Ses eaux couvrent les berges habituellement decouvertes. Elles lechent la foret. Des troncs d’arbres passent au fil du courant. La Mere des Eaux est en majeste !

Nous l’avons remonte hier, jusqu’au sanctuaire de Pak Ou, la grotte au mille bouddha dont les pieds plonge presque dans le fleuve. Deux heures de verts et d’ocre. Un pur plaisir. Je suis chez moi !

Nous prenons le temps de ne rien faire. De contempler le temps qui, comme le fleuve, s’écoule paresseusement.

Apres demain, nous serons a Vang Vieng. Ger et Khoua nous attendent.

Oui, je suis chez moi.

Pop kan mai !

Buy something for me : la Pagode des Parfums

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C’etait hier. Seduit par les descriptions elogieuses des guides, nous avons pris un petit voyage vers la Pagode des Parfums, a une soixantaine de kilometre au sud de Hanoi. Nous savions que ce serait un peu une sinecure, car l’endroit est un des hauts lieux touristiques, que tout touriste qui se respecte doit avoir « fait ». Ce n’est rien de le dire.

Depuis la veille, il pleut sur Hanoi et le delta du Fleuve Rouge. Un typhon devait frapper la ville mais sa course s’est inflechie vers le nord, deversant ses pluies torrentielles sur la Chine du Sud. Il pleut donc, une petite pluie irreguliere et tiede, qui ne mouille presque pas. Rien de comparable a l’orage du soir d’avant qui a noye les trottoirs de la capitale.

Le bus qui nous emmene vers la riviere Yen et la Pagode des Parfums est a moitie vide. Le guide est enjoue. Trop pour moi. Il nous fait l’article de ce que nous allons voir avec des plaianterie que l’on dirait apprises par coeur. Il faut une heure pour atteindre le village d’ou partent les barques qui nous conduiront a la pagode. Une heure et demie, en fait, car il y a un arret obligatoire dans un supermarche de l’artisanat, vaste entrepot peuple de choses plutot laides que nous devrions, en bon touristes, acheter sans sourciller…

Comme il pleut, nous sommes presque seuls sur l’embarcadere pour prendre les barques, six personnes, pas une de plus pas une de moins, et la rameuse a l’arriere, qui se casse le dos en poussant sur ses avirons.

Lotus

Le paysage est slendide. La riviere paresse au milieu de pitons calcaires, bordees de petits etangs ou le rose des lotus fait un contrepoint saissisant au vert de la foret. Sur les rives, des tombeaux aquatiques ; les morts prennent ainsi le frais, pour ainsi dire les pieds dans l’eau. Brassens aurait aime.

Eternel estivant…

L’arrivee.

 

Nous arrivons a la pagode ou devrais-je dire, aux pagodes. Pour l’instant un simple debarcadere, quelques tristes boutiques. Et ca commence.

« Be careful, slippery » dit le guide. « Buy me water ! Coca-cola ! Beer ! » entend-t-on dans la boutique.

Il est l’heure de dejeuner. Des escaliers nous conduisent a une sorte de forum, ou les boutiques sont plus miteuses encore. Le restaurant est une usine. Les plats tres moyens. Fast-food, sans ame, sans gout, nourriture occidentalisee pour troupeau de touristes. Dont nous sommes…

Et toujours pas de pagode.

Enfin, nous y allons, nous allons enfin voir les joyaux dans la foret. Boutiques encore. « Buy something for me ! » « Be careful slippery ! » « Water ? Beer ? ». Comme nous n’avons pas l’intention de monter les 1400 marches glissantes qui conduisent a la pagode la plus elevee, nous optons pour un telecabine, tout a fait incongru dans ce decor tropical. C’est l’occasion de voir le karst d’au-dessus, et c’est spectaculaire, quand bien meme la foret recouvre tout d’une neige d’emeraude. En bas, nous distinguons le chemin que nous aurions du suivre, avenue bordee de frangipaniers et de boutiques…

Nous y voila enfin ! Au sommet du plus haut pics, un portail. Derriere, une escalier aux marches de pierre usees par les ans (« Be careful very slippery ! ») descend dans une vaste doline, comme un cratere envahie de verdure. Une grande grotte, tout au fond. Des autels. De l’encens. Des statues de bouddha. J’ai soudain le sentiment d’etre a Lourdes. Trente minutes chrono et nous repartons.

Telecabine.

Direction la pagode du bas, qui est tres belle, toute en roches grises, piliers ecarlates, tuiles sombres. Suzy a a peine le temps de commencer un dessin qu’il faut y aller.

« Buy something for me ! » « Be careful slippery ! » « Water ? Beer ? ». La litanie continue, s’egrenant comme un rosaire neo-capitaliste. Les marchands du temple sont decidement partout !

Nous reprenons notre barque, apprenant au passage qui faut payer encore pour le difficile travail des femmes qui rament. Payer encore, alors que le « tour » est normalement tout compris. Les tour-operators ne doivent pas leur laisser grand-chose pour qu’on en soit la. Gros sous pour les uns, esclavage pour les autres. Et toujours « Buy something for me ! », car une barque nous suit de pres, ayant repere Suzy qui parle vietnamien. La rameuse est bein decidee a faire cracher au bassinet cette riche exilee. La faire payer, dans tout les sens du terme ! La sangsue ne nous lache pas. Elle gache presque ce retour paisible, qui aurait du etre berce par le son regulier des rames frappant l’eau grise…

Sous la pluie

La route en sens inverse. Hanoi. Abasourdis. Depites. Decus.

Nous ne devrions pas : nous savions que cette excursion serait decourageante. Des paysages vraiment splendides, voire inouis, gaches par un mercantilisme ehonte, une economie de marche galopante ou il fait toujours mal de savoir que l’on est la vache a lait intarissable.

Oncle Ho doit se retourner dans son mausolee…

Tranche de vie

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Nous avons visite hier le musee ethnographique de Hanoi..Y sont presentees les multiples ethnies du Vietnam, Mhongs, Viets, ThaIs, Khmers etant les groupes principaux auxquels qppqrtiennent ces ethnies.

Ke plus impressionnant a mes yeux, ce sont les habitats de ces ethnies, construits dans le parc du musee, dont la maison Bana, construite sur une pltefor;e a 6/8 metres de heuteur, surmontee d’un immense toit au moins aussi haut et dans laquelle regne une agreable fraicheur, ce aui, compte tenu de la temperature exterieure, est fort appreciable.. Nicolas proposera peut etre quelques photos…

nous avons termine la soiree en dinant chez Quan An Ngon, excellent restaurant ou il est possible de manger des specialites de tout le Vietnam, presentees dans des sortes de stands ou l’on va faire son marche. Delicieux, sympa et pas cher, um endroit a recommander.

Aujourd’hui flanerie dams Hanoi, visite de temples dont le temple dit du pilier unique dont le parc est un lieu de repos bien agreable, a l’ombre de grands arbres. Nous y avons passe un long moment 0 discuter sans voir passer le temps. Notre quietude a helas ete troublee au retour car nous avons ete temoins d’un accident : une jeune fille en scooter qui est passee sous un camion.  Outre l’emotion, cela nous incite a beacoup de prudence dorenavant quand nous traversons la rue et nous conforte dans l’idee de ne pas louer un deux roues pour circuler. Les bus climatises sont tres bien meme s’il n’est pas toujours facile de savoit ou ils vont. Mais avec une lamgue et deux jambes, on fait le tour du momde dit un proverbe…